uelques traces nous restent de la culture du chanvre. Traces inertes... Il suffit pourtant de prononcer le mot magique de "chanvre" (ou plutôt "chanbre" en sarthois) devant un vieil agriculteur sarthois pour voir naître dans son regard un éclat de connivence réjouie qui précède bientôt un flot de propos sur cette plante qui faisait "le bonheur des paysans". Comme par magie, les traces inertes s'éveillent et illustrent cette belle histoire qu'est la culture du chanvre au pays des Manceaux.

ar les Sarthois ont connu avec le chanvre, une idylle de plusieurs siècles qui, sait-on jamais, n'est peut-être pas complètement éteinte. Il est évidemment impossible de connaître la date de leur première rencontre. Mais c'est au XVIIIème siècle que s'exprime de la manière la plus éclatante l'entente parfaite. Un vif intérêt est porté à cette plante industrielle prometteuse, et explique l'essor de cette culture.

e Haut-Maine produit, en cette fin de XVIIIème siècle, 4 300 000 livres poids de chanvre, loin devant l'Anjou et la Touraine qui totalisent respectivement 2 380 000 et 482 000 livres-poids ; le Bas-Maine, certes plutôt tourné vers le lin, doit se contenter de 50 000 livres poids. Notre région partage cet avantage avec plusieurs provinces du royaume notamment la Bretagne, la Bourgogne, le Lyonnais, le Poitou et l'Auvergne.