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rès tolérant à l'égard des climats, le chanvre aime cependant les terres
franches, humides mais non innondables , profondes, surtout pas acides, bref, les terres
riches. Autrefois, la préparation du sol nécessitait au moins deux labours, le plus
important à l'automne et le second au printemps. Suivaient deux , parfois trois hersages,
"afin que le guéret soit comme de la cendre". S'il restait encore quelques
mottes, il fallait avoir le soin de les briser avant de semer car la chenevière devait
être aussi meuble que la planche d'un parterre. Ce n'était qu'à partir du 20 avril,
lorsque tout risque de gelée avait disparu, que l'on pouvait procéder aux semailles. On
disposait alors d'un mois pour mettre le chenevis en terre. A la Pentecôte, tout devait
être en place.
a graine était semée à la main, souvent par les femmes qui utilisaient un
tablier ou bien un sac accroché aux épaules, le giron. Par temps sec, la semence, semée
le soir, devait être recouverte le lendemain matin. C'était généralement par un
hersage qu'on l'enterrait ; certains paysans, qui semaient en sillons, préféraient la
demoiselle. La graine en terre, il fallait attendre. La première semaine était
primordiale. La sécheresse et, surtout les pluies d'orages qui, damant la terre,
provoquaient la formation d'une croûte, risquaient d'asphyxier la jeune plante. Or le
chanvre devait lever en quatre jours seulement. Au bout de huit jours, il couvrait la
terre. Cent jours après, il pouvait atteindre trois mètres de hauteur ! Tout cela sans
grands travaux d'entretien, la plante une fois installée, étouffait toute concurrence,
qu'elle vienne des chardons ou des mauvaises herbes.
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