près quatre mois de période végétative, dans la troisième semaine d'août, généralement à partir de la Saint Louis, débutait la phase finale de la culture du chanvre : l'arrachage.
L'opération était effectuée, bien sûr, par tout le personnel de la ferme, femmes et enfants compris, mais aussi par une armée de tâcherons requisitionnés pour la circonstance. Les pieds arrachés étaient débarrassés de la terre par un coup sec contre le sabot. On les réunissait alors pour en faire des poignées liées par deux liens, un en haut, le second en bas. Ces liens étaient tirés du petit chanvre qu'on trouve au pied des gerbes. Les poignées étaient couchées par tas de six, derrière les arracheurs qui avançaient en ligne... Travail exténuant, qui brisait les reins et brûlait les mains.
Quand il y en avait suffisamment, les poignées étaient chargées sur une charrette à chevaux et transportées jusqu'au routoir ou la rivière, où avait lieu la mise à l'eau.