es deux étapes avaient lieu l'hiver. Les bottes de chanvre étaient alors entassées dans la chambre de séchage du four à chanvre, tête-bêche. Cependant, les observateurs du XVIIIème siècle ne font pas formellement mention de l'existence de ces fours. L'opération de séchage s'effectuait, selon eux, le plus souvent dans la maison même. Les risques d'incendie, dans les cheminées étant importants, le moyen le plus sûr s'avérait être le recours aux hâloirs, sortes de petites cavernes.
Il semble qu'il ait fallu attendre le XIXème siècle pour voir s'édifier les fours à chanvre, dont il nous reste encore quelques rescapés. Dans la chambre de chauffe de ces fours, une corbeille en fonte remplie coke enflammée dégageait une forte chaleur qui, pendant une dizaine d'heures, séchait la fournée. Le lendemain matin, vers six heures, le broyage commençait. Les bottes étaient sorties par deux et emmenées au pied de la brayeuse, qui écrasait les tiges. Ce travail avait pour but d'extraire la filasse en la séparant du bois de la tige. Un ouvrier placé de l'autre coté de la machine recevait la filasse, la secouait et la plaçait pour un deuxième passage sur le dessus de la machine. Ce second passage effectué, l'ouvrier, après un dernier secouement, disposait les poignées sur un grand tréteau où les "brayeux" les reprenaient pour finir de nettoyer la filasse sous la braie et les entassaient ensuite sur une fourche. Les poignées débarrassées des petites parcelles de l'écorce étaient roulées autour d'une cheville. Chaque botte sortie du four subissait le même traitement.

uand le four était vide, la corbeille encore pleine de braises était sortie du four afin de l'aérer. Quelques temps après on procédait au remplissage du four pour le lendemain matin. Puis avait lieu le nettoyage de la braierie. La journée terminée, les chanvriers se retrouvaient pour un repas du soir bien mérité. Quant au chanvre, il était engrangé en attendant d'être vendu.