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Fonctionnement et activités

Prospections thématiques et inventaires

Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


La gestion des sites

Le choix des sites gérés

La conservation d'espaces naturels constitue l'objectif premier du CPNS. Le choix des sites concernés s'opère selon trois principes :

- une démarche volontariste de la part du CPNS pour un site présentant un fort intérêt biologique et faisant l'objet d'une menace quelconque. Le CPNS décide de contacter les propriétaires et/ou les locataires pour obtenir la maîtrise d'usage.

- une demande formulée par les collectivités locales souhaitant la valorisation d'un site patrimonial, faisant partie de leur domaine privé (Marais de Cré, zone tourbeuse de la Basse Goulandière à Parigné-l'Evêque). La gestion peut être envisagée de manière partenariale avec les différents interlocuteurs (Commune, Communauté de communes, Office National des Forêts…)

- une demande formulée par la DIREN dans le cadre d'une mesure compensatoire, en réponse à un aménagement détruisant partiellement un site inscrit en ZNIEFF (cas de la construction d'une piste d'aviation sur la commune de Cherré ou de l'aménagement d'un parc de loisirs sur la commune de Montfort-le-Gesnois).

 

Les milieux les plus menacés ont fait l'objet d'une attention prépondérante de la part du CPNS. Ainsi, celui-ci s'est efforcé d'agir principalement sur les zones tourbeuses, sur les prairies alluviales et sur les pelouses calcicoles, délaissant, au moins temporairement, les milieux réputés plus stables ou bénéficiant de divers autres statuts de protection. C'est le cas de toutes les zones boisées (forêts domaniales, forêts privées et bosquets inscrits en Espaces Classés Boisés). Les grands étangs anciens, souvent situés au sein de propriétés privées et peu menacés actuellement, si ce n'est par une lente évolution naturelle, ont également été négligés. Ils font parfois l'objet d'un entretien (visant par exemple l'aménagement de zones de chasse), se révélant bénéfique à la biodiversité.

 

Les différents modes de gestion

Dans la plupart des cas, l'entretien du site est confié à un agriculteur local et est réalisé par le biais de pratiques agro-pastorales traditionnelles.

Le pâturage extensif permet d'exercer une pression faible sur le milieu, induisant une diversité biologique plus importante, comparativement au pâturage intensif (espèces végétales plus nombreuses, création de "micro-milieux", installation d'une faune nouvelle…). Il est principalement utilisé sur pelouses calcicoles (pâturage par ovins dans le meilleur des cas) et après le fauchage sur certaines prairies alluviales (pâturage par bovins Charolais). Ce pâturage peut être pratiqué par des animaux dits "rustiques" dont l'élevage est petit à petit tombé en désuétude ; il est plus approprié que le fauchage dans les vastes milieux humides, difficiles d'accès pour des engins motorisés (bois tourbeux, roselières, prairies marécageuses, cariçaies…). Deux sites sarthois au moins (marais de Cré-sur-Loir et zone tourbeuse de Parigné-l'Evêque), devraient faire l'objet prochainement d'un pâturage par des races rustiques.

Le fauchage tardif, avec exportation du foin, favorise une bonne conservation de la diversité biologique, permettant à la majorité des espèces d'accomplir leur cycle biologique complet, tout en éliminant l'apport végétal produit chaque année. Cette pratique, largement utilisée dans les prairies alluviales et les prairies para-tourbeuses trouve ses limites dans la réalisation technique de l'opération : les années très pluvieuses, les fauches ne peuvent pas être réalisées à la date optimale car la portance du sol ne permet pas d'y faire passer des engins. Le gyrobroyage ras, avec exportation des déchets, est une méthode similaire, utilisée sur les landes sèches à très humides, bloquant ainsi temporairement l'évolution de la dynamique végétale.

Quelques opérations plus lourdes et plus coûteuses de restauration par étrepage ou décapage sont effectuées. Sur la terre ainsi mise à nu s'installe alors un cortège végétal formé par des espèces pionnières de fort intérêt patrimonial. La plus ancienne, datant de 1993, a été réalisée sur une surface de trente-quatre ares dans la queue tourbeuse du Grand Etang de Saint-Mars-la-Brière. En 1998, une zone de roselière a également été partiellement décapée à Cré-sur-Loir. Une nouvelle action de ce type devrait être effectuée prochainement dans une vieille zone tourbeuse envahie par des touradons de Molinie et de Choin noirâtre (Parigné-l'Evêque).

Le CPNS est également intervenu en 2001 lors de la réhabilitation du site de la Belle Inutile (devenu Parc des Sittelles), à Montfort-le-Gesnois, ou d'importants travaux étaient indispensables avant qu'une gestion annuelle puisse être envisagée. La restauration de la lande sèche, le réaménagement de plusieurs petites sablières et la création d'un plan d'eau doté de berges en pente douce auront nécessité l'intervention de plusieurs entreprises.

 

La présence des espèces protégées au sein de ces sites permet de justifier les moyens mis en œuvre pour cette conservation. Au delà de la présence de ces espèces, c'est un véritable cortège biologique qui se trouve ainsi protégé. Le CPNS gère également des milieux relictuels dans le département n'abritant que des espèces patrimoniales non protégées, mais dont l'intérêt est parfois aussi fort, comme par exemple le site de la butte du Rocher (commune de Ségrie), où s'épanouit l'une des deux seules stations départementales à Ophrys litigieux (Ophrys sphegodes subsp. araneola).

 

Les limites de la gestion

Malheureusement, même si certaines stations d'espèces protégées sont actuellement sauvées à plus ou moins long terme, l'impact des actions menées sur l'ensemble du département reste très limité comparé aux modifications radicales des milieux engendrées par les activités humaines. La mise en œuvre d'une réelle politique environnementale devient urgente ; les mesures réglementaires adéquates existent déjà dans les textes mais leur application laisse souvent à désirer ou est sujette à de trop nombreuses dérogations. La non cohérence des actions menées par les différents acteurs de la politique de l'environnement constitue un puissant frein aux efforts réalisés. Il devient de plus en plus difficile de sauver les prairies humides lorsque ceux qui les exploitent reçoivent des financements pour y planter des peupliers ou pour les drainer. L'une des prairies tourbeuses appartenant au CPNS sur le site des Ruaux (Savigné-sous-le-Lude) est ainsi menacée par des drains récemment creusés sur les parcelles voisines, drains qui ne se limitent pas à assécher les prairies auxquelles ils sont destinés.

 

Les problèmes futurs

Les changements démographiques se traduisent en milieu rural par des difficultés supplémentaires pour trouver des agriculteurs acceptant d'entretenir les sites du CPNS. Les agriculteurs gestionnaires avec qui nous travaillons ne sont généralement pas remplacés lors de leur cessation d'activité, ce qui pose par ailleurs des problèmes quant à l'entretien de l'espace rural en général ! Pour pallier à ce manque, les différentes solutions envisageables ne sont pas faciles à mettre en œuvre et nécessitent des moyens lourds et onéreux (possession d'un troupeau, d'un tracteur… et véhicules pour les transporter). La conservation des espaces implique que le CPNS fournisse un effort important de communication, non seulement en direction des propriétaires et des exploitants mais aussi des services de l'état et des collectivités territoriales.

 

Les sites gérés

A titre de propriétaire, de locataire ou de titulaire d'une convention de gestion, le CPNS intervient fin 2004 sur vingt-sept sites totalisant 214 hectares répartis sur vingt et une communes du département, avec cependant une forte concentration dans le sud de la Sarthe, au sein de la vallée du Loir. A travers la conservation du milieu considéré, le CPNS vise soit la protection d'espèces animales et végétales (cas le plus courant), soit uniquement la protection d'espèces animales (cavités à Chiroptères, sites de reproduction à Amphibiens…).

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