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Fonctionnement et activités

Prospections thématiques et inventaires

Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Les ZNIEFF

ZONES NATURELLES D'INTERET ECOLOGIQUE, FAUNISTIQUE ET FLORISTIQUE

 

Lancé au niveau national en 1982 par le Secrétariat Faune Flore, devenu depuis le Service du Patrimoine Naturel, l’inventaire ZNIEFF de 1è génération s’est soldé par un indéniable succès, vulgarisant ainsi la dénomination ZNIEFF. Cet inventaire a démarré en Sarthe en 1983, et a été assuré par des bénévoles. Le CPNS a ensuite été chargé par la DIREN des Pays de la Loire de sa modernisation (inventaire de 2ème génération) afin de l'améliorer, de l'actualiser, de le rendre plus fiable et de l'homogénéiser vis-à-vis des autres départements. Celle-ci s'est déroulée sur cinq ans (1996-2000), ce qui a permis une prospection approfondie et systématique du département.

 

 

La ZNIEFF dite de type I est un territoire correspondant à une ou plusieurs unités écologiques homogènes. Elle abrite obligatoirement au moins une espèce ou un habitat remarquable ou rare, justifiant ainsi d’une valeur patrimoniale plus élevée que celle du milieu environnant. On entend par unité écologique homogène un espace possédant une combinaison constante de caractères physiques et une structure cohérente, abritant des groupes d’espèces animales et végétales caractéristiques de l’unité considérée.

 

 

La ZNIEFF de type II recèle des milieux naturels formant un ou plusieurs ensembles possédant une cohésion élevée et entretenant de fortes relations entre eux. Elle se distingue de la moyenne du territoire environnant par son contenu patrimonial plus riche et son degré d’artificialisation plus faible. Chaque ensemble constitutif de la zone est une combinaison d’unités écologiques présentant des caractéristiques d’homogénéité dans leur structure ou leur fonctionnement.

 

 

Ainsi l’identification d’une ZNIEFF doit obligatoirement trouver sa justification dans la présence d’un ou plusieurs écosystèmes, d’espèces de faune et de flore ou de milieux rares ou remarquables qui lui confère un intérêt patrimonial. Le choix judicieux de ses limites est un élément primordial garantissant la rigueur et la fiabilité de l’inventaire. Cette exigence découle directement de l’un des objectifs majeurs de la modernisation de l’inventaire, à savoir la justification scientifique rigoureuse de l’identification de chaque zone et de son contour.

 

 

Une ZNIEFF représente un état des lieux du patrimoine naturel à un endroit précis et à une date donnée. C’est un outil de connaissance qui ne saurait être ni un outil de protection de la nature pur et simple, ni un outil juridique. Elle ne peut donc être définie par de tels critères ni être justifiée par un quelconque poids juridique alors qu’avant, par exemple, seul le critère de vulnérabilité à un aménagement pouvait suffire pour une mise en ZNIEFF. Rappelons toutefois que selon la circulaire du 14 mai 1991, émanant du Ministère chargé de l’Environnement, et qu’en application du Code de l’Urbanisme et du Code Rural, les informations contenues dans l’inventaire doivent être prises en compte dans les schémas directeurs, les plans d’occupation des sols, les études d’impact, l’application de la loi Littoral ainsi que dans l’élaboration des Chartes des Parcs Naturels Régionaux. Les ZNIEFF constituent un élément essentiel du "porter-à-connaissance" que les DIREN doivent réaliser auprès des collectivités territoriales et des administrations. Elles indiquent la présence d’un enjeu important, qui requiert une attention particulière et des études approfondies. L’absence de leur prise en compte dans un document d’aménagement est une erreur manifeste d’appréciation.

 

 

L'inventaire, désormais clos, a été validé par le Conseil Scientifique Régional de Protection de la Nature dans le courant de l'année 2003. 

 

Plusieurs réalités sont nettement apparues lors du travail de terrain et suscitent quelques éléments de réflexions :

 

 

                Méconnaissance de l'inventaire

 

Cet inventaire souffre d'un déficit considérable de diffusion. La plupart des propriétaires que nous avons rencontrés ignoraient la valeur écologique de leur terrain et son inscription en ZNIEFF. De nombreux maires ignoraient également l'existence d'un tel zonage sur leur commune. Cette méconnaissance fut trop souvent (et continue d'être) à l'origine de la destruction involontaire de biotopes d'intérêt patrimonial.

 

 

                Evolution très négative des ZNIEFF en milieu humide

 

Elément incontournable de la biodiversité sarthoise, les zones humides ont suscité la création de la majorité des ZNIEFF du département ; elles furent en même temps la cible favorite de l'agriculture intensive et de ses techniques modernes. Entre 1980 et 2000, leur évolution en milieu humide (mares, prairies, zones tourbeuses, bois alluviaux) fut catastrophique, se résumant souvent à la destruction pure et simple de tout ou partie du milieu.

 

 

Quel meilleur exemple que celui de la ZNIEFF intitulée "Vallée du ruisseau du Vieil Etang en aval de la Claie" à Saint-Léonard-des-Bois, qui correspond pour partie à ce que les botanistes de la fin du 19ème siècle nommaient "le Val des Echarmeaux"? Cette zone a été totalement détruite alors qu’il s’agissait d’une tourbière bombée acide, écosystème de très haute valeur patrimoniale où subsistait à l'époque l’unique site sarthois connu de Narthécie ossifrage. On y dénombrait également les deux Rossolis de notre flore.

 

 

La première description, antérieure à 1984, mentionne l’intérêt d’un tel site ("type de milieu en voie de raréfaction") ainsi que la présence récente de peupliers dans la prairie contiguë. Dans la rubrique "dégradations et menaces" du bordereau descriptif, il est inscrit qu’il faudrait éviter la transformation de la zone de tourbière en peupleraie et qu’il faut surveiller l’éventuel creusement du lit du ruisseau ainsi qu’un drainage qui risquerait d’abaisser la nappe.

 

En 1984, on peut lire que ces menaces ont été "malheureusement effectuées, accompagnées d’un arasement quasi-complet de la tourbière bombée par des engins agricoles... Une mesure de protection devient urgente sinon toute la flore est condamnée à court terme".

Aujourd’hui, aucune trace de tourbière ne subsiste, le ruisseau a été recalibré et une vaste peupleraie s'y développe désormais.

Cet exemple montre combien les actions d'information et de sensibilisation sont indispensables à la sauvegarde du patrimoine naturel.

 

 

                Stabilité des ZNIEFF en milieu calcaire et en milieu forestier

 

- Milieu calcaire : ces milieux peu productifs pour l'agriculture moderne, difficilement accessibles (il s'agit souvent de coteaux) ont été en grande partie délaissés, parfois enrésinés avec du Pin noir (Pinus nigra).

 

- Milieu forestier : l'exploitation est raisonnée, même si elle n'est pas toujours en adéquation avec la présence de certaines espèces protégées.

 

Dans ces milieux, les ZNIEFF sont donc restées assez stables, peu soumises à des facteurs influençant nettement l'évolution des biotopes concernés. Cette remarque ne s'applique évidemment pas aux petits bois alluviaux qui jalonnent le fond de nombreuses petites vallées.

 

 

                Déplacement de niche écologique et ZNIEFF le long des routes (accotements, fossés, talus)

 

Les bouleversements engendrés par les méthodes agro-sylvo-pastorales modernes ont provoqué des déplacements de niche écologique. Ainsi, certaines espèces s'épanouissent maintenant sur les bords de route où elles bénéficient d'un équilibre écologique assez stable (entretien régulier du milieu, non agression par des produits phytosanitaires, etc.), au sein de milieux de substitution développés sur les talus et les accotements, et dans les fossés, qu'il s'agisse de chaussées goudronnées ou de petits chemins vicinaux et ruraux. Environ 25% des espèces végétales protégées en Sarthe s'épanouissent sur de tels biotopes, de façon occasionnelle, comme l'Ornithope comprimé, ou bien y sont principalement inféodés comme le Peucédan de France. Ces biotopes, somme toute assez répandus, doivent-ils être ignorés de l'inventaire ZNIEFF sous prétexte du peu de "noblesse" que d'aucuns leur reprochent? C'est pourtant le cas de nombreux sites sarthois pour lesquels l'épithète "naturel" est à mettre en parenthèses, comme par exemple l'aérodrome de la Flèche-Thorée-les-Pins, les landes de la Belle Inutile à Montfort-le-Gesnois, ou bien encore de nombreuses pièces d'eau et autres carrières abandonnées. Une collaboration a été mise en place entre le CPNS, le Conseil Général et la Direction Départementale de l'Equipement, afin d'appliquer un entretien approprié (mis en place en 2001), au niveau de toutes les routes départementales, sur les secteurs déjà classés ou faisant l'objet d'une proposition d’inscription en ZNIEFF.

 

 

On remarquera finalement que les ZNIEFF se sont plus révélées comme un précieux instrument de mesure de la dégradation des espaces naturels et de la disparition des espèces (jouant ainsi pleinement leur rôle d'outil de connaissance), et non comme un outil de protection.

 

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