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Fonctionnement et activités

Prospections thématiques et inventaires

Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Végétation des zones tourbeuses (suite)

 

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Quatre types d’action totalement indirects et bien involontaires paraissent vraiment avoir joué un rôle primordial dans cet état de fait :

    -creusement ou réaménagement de plans d’eau,

    -incendies au sein de pinèdes hydromorphes,

    -travaux forestiers divers au sein des mêmes pinèdes : coupes rases ornières laissées par les engins, zones mises à nu par le stockage et le débardage des troncs…

    -lande humide maintenue rase par entretien mécanique (layons de chasse, abords d’hippodrome, d’aérodrome, de pièces d’eau à vocation de loisirs…

 

Quelques données :

Cinq des six stations actuellement connues du Lycopode inondé (Lycopodiella inundata), ainsi que la grande majorité de celles de Rhynchospore blanc (Rhynchospora alba) sont (ré)apparues à la suite de telles actions.

La Pinguicule du Portugal (Pinguicula lusitanica), le Jonc squarreux (Juncus squarrosus) et la Rossolis intermédiaire (Drosera intermedia) sont généralement les plantes qui s’installent en premier.

La recolonisation est assez rapide s’il existe un stock de graines viables dans le sol ; un à deux ans suffisent parfois comme en témoignent les exemples de la Lande des Soucis à Saint-Jean-de-la-Motte suite à un incendie, ou bien encore celui des Landes de Rhonne à Saint-Mars-d’Outillé (creusement de plans d’eau).

 

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Deux sites ont pour l’instant fait l’objet d’un décapage superficiel :

-dans la queue du Grand Etang de Saint-Mars-la-Brière, dirigé par le CPNS en 1993 : cette action a provoqué l’explosion des populations de Rossolis intermédiaire (Drosera intermedia), de Pinguicule du Portugal (Pinguicula lusitanica) et de Rhynchospore blanc (Rhynchospora alba).

-par l’ONF en 1999, dans la parcelle n°120 de la forêt de Sillé-le-Guillaume. A suivre.

Les deux sites recensés les plus riches accueillent chacun six espèces sur les huit protégées du paragraphe "végétation pionnière acidiphile des substrats dénudés plus ou moins tourbeux à sablonneux, longuement saturés d'eau" : l’un est une pièce d’eau à vocation de loisirs dans le Bois de Loudon (Parigné-l’Evêque), l’autre est une zone de pinède incendiée et de lande humide sous une ligne électrique à haute-tension régulièrement entretenue (Mulsanne).

 

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Intérêt et utilité des tourbières  

    Les tourbières sont maintenant considérées comme des biotopes précieux dont tout le monde s'accorde à penser que la conservation est prioritaire sur le reste des milieux de notre patrimoine. Elles abritent en effet un patrimoine naturel très riche et fortement spécialisé. Les végétaux y montrent des adaptations particulières, indispensables à leur survie dans un milieu "hostile", pour pallier et compenser partiellement le déficit en matières azotées. L'adaptation des plantes dites "carnivores" est de loin la plus célèbre mais ce n'est que l'une d'entre elles ; la capacité de cohabitation des espèces adoptant des types morphologiques différents et permettant d'exploiter au maximum la variété des micro-biotopes est tout aussi remarquable. La loi reconnaît d'ailleurs parfaitement cette richesse puisque parmi les espèces protégées au travers des arrêtés nationaux et régionaux, une belle part est attribuée aux taxons inféodés à ces types de milieu. C'est aussi un lieu de vie exceptionnel pour de nombreux invertébrés patrimoniaux, caractérisés le plus souvent par des populations relictuelles et isolées, comme en témoigne certains Odonates et Lépidoptères. Outre ce patrimoine exceptionnel, chacun sait que la tourbe a la propriété de conserver en l'état tout ce qui y fut déposé. Ainsi pollens et troncs d'arbres ont traversé des millénaires pour parvenir jusqu'à nous, ce qui permet, en recherchant à quelles espèces appartiennent les pollens (palynologie), et en couplant cette recherche à une datation de la tourbe par le C14, de retracer l'histoire du couvert végétal qui s'est succédé depuis l'origine de la tourbière. En retrouvant également des témoins des populations qui ont vécu à proximité des tourbières (hommes, outils, habits…), ce sont des précieuses informations sur les civilisations qui nous ont précédé qui ont pu être récoltées. Bref, un vrai livre regroupant des histoires passionnantes!

De même que tous les autres milieux humides, les tourbières jouent un rôle prépondérant dans le cycle de l'eau, se comportant un peu comme une véritable "éponge". Par le passé et jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, nombre d'entre elles furent exploitées pour extraire un combustible à haut pouvoir calorifique. Les menaces actuelles dont elles font l'objet sont souvent similaires à celles pesant sur les autres milieux humides. Elles peuvent résulter de causes naturelles (évolution de la dynamique végétale) mais également de causes anthropiques. Ces dernières peuvent être irréversibles (creusement des tourbières pour créer des étangs ornementaux, exploitation pour extraction de terreau horticole) ou plus ou moins réversibles (drainages et assèchements pour permettre l'installation de plantations, en particulier à base de résineux).

 

Les landes humides

    Liée à un gradient d’hydromorphie plus marqué, les landes humides et tourbeuses sont assez bien représentées dans notre département. Qu’elles soient installées sur des sols hydromorphes plus ou moins podzoliques, à la faveur de divers remaniements (travaux forestiers), qu’elles colonisent les pièces d’eau de loisirs ou les abords d’étangs (récemment créés la plupart du temps) ou qu’elles soient enrésinées, en voie d’assèchement, 

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envahies par la Molinie et dominées par un couvert arbustif composé par le Saule à oreillettes (Salix aurita), le Saule roux (Salix acuminata), le Bouleau pubescent (Betula alba), le Bouleau verruqueux (Betula pendula) et la Bourdaine (Rhamnus frangula), elles tirent leur physionomie particulière de la présence de chaméphytes et nanophanérophytes tels que bruyères et ajoncs. 

On y trouve fréquemment la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix), la Callune vulgaire (Calluna vulgaris), l’Ajonc nain (Ulex nanus), et plus rarement la Bruyère ciliée (Erica ciliaris). D’autres arbustes y sont régulièrement présents comme le Saule rampant (Salix repens), la Bourdaine (Frangula alnus) et le Genêt d’Angleterre (Genista anglica). Parmi les espèces herbacées on rencontrera la Lobélie brûlante (Lobelia urens), le Pédiculaire des bois (Pedicularis sylvatica), la Tormentille (Potentilla erecta), le Polygale à feuilles de serpolet (Polygala serpyllifolia), le Scirpe à nombreuses tiges (Eleocharis multicaulis), la Laîche distante (Carex distans), la Laîche (Carex viridula subsp. oedocarpa) et la Laîche à deux nervures (Carex binervis). La strate muscinale est bien représentée par les sphaignes. Les trous d'eau et les fossés associés à ces formations accueilleront le Millepertuis d'eau (Hypericum elodes), le Scirpe flottant (Eleogiton fluitans) et le Potamot à feuilles de Renouée (Potamogeton polygonifolius)…

Les deux espèces emblématiques des landes humides sont la Bruyère à quatre angles (espèce subatlantique) caractérisant les landes hygrophiles atlantiques et septentrionales, et la Bruyère ciliée (espèce mésohygrophile), traduisant des affinités également atlantiques mais plus méridionales.

Le naturaliste distinguera parmi ces formations soumises à l'oscillation d'une nappe d'eau inondant parfois le milieu en hiver, la lande typiquement humide, développée sur substrats minéraux, et la lande plus ou moins tourbeuse, installée sur un horizon riche en matières organiques, d'épaisseur variable.

La micro-topographie est souvent à l'origine d'une mosaïque de milieux, et il n'est pas rare que les landes humides hébergent des plantes de fort intérêt patrimonial, également inféodées aux tourbières acides ou aux substrats acides oligotrophes des milieux ouverts temporairement saturés en eau.

 

 

6.  Lande tourbeuse en bordure d'étang et tourbière (Mulsanne)

7, 8. Secteur de la Lande des Soucis (Saint-Jean-de-la-Motte) : ornière à Rhynchospore blanc et Rossolis intermédiaire et mare tourbeuse envahie par les sphaignes

9. Zone décapée (Saint-Mars-la-Brière)

10. Zone décapée en forêt domaniale de Sillé-le-Guillaume (Mont-Saint-Jean)

11. Lande humide à Narthécie ossifrage près de la Basse Lande (Parcé-sur-Sarthe)

 

 

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