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Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Végétation des pelouses calcaires

 

Lorsque le calcaire affleure et que les pentes limitent la mise en culture du sol, il se développe des milieux typiques que l'on nomme souvent "coteaux calcaires". Ils supportent une végétation résultant d'un sol particulier, d'un climat et d'un passé historique, à savoir les pelouses dites communément calcicoles ou calcaricoles. Il s'agit de "formations végétales composées essentiellement de plantes herbacées vivaces formant un tapis plus ou moins ouvert sur sol calcaire peu épais, pauvre en éléments minéraux nutritifs, subissant un éclairement intense et une période de sécheresse climatique ou édaphique."

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Il n'existe pas dans notre contrée de pelouses calcicoles climaciques, mais seulement secondaires voire tertiaires. Elles ont probablement toutes pour origine le défrichement très ancien de la forêt et le pâturage extensif, avec pour certaines une phase de culture (vignes, céréales…). Parfois même elles s'installent et colonisent la roche mise à nue dans les carrières, après la cessation de l'exploitation, ou certains talus après quelques réaménagements (auto) routiers. Ces formations, d'une haute valeur patrimoniale, revêtent de forts intérêts écologique (flore et entomofaune associée), paysager (elles occupent souvent des corniches et des escarpements rocheux, des rebords de plateaux, des coteaux…), historique (témoignage de pratiques agro-sylvo-pastorales disparues), scientifique, pédagogique, etc. Elles sont faiblement représentées en Sarthe et requièrent toute notre attention. Les couches géologiques capables de libérer le calcaire actif indispensable à l'existence de telles formations n'occupent que de faibles superficies, si bien que nos pelouses se cantonnent essentiellement à la bande de calcaire jurassique allant de Mamers à Sablé-sur-Sarthe, sur la marge occidentale du département, aux calcaires turoniens du sud et du sud-est de la Sarthe, principalement dans la vallée du Loir (tuffeau), et à quelques affleurements de calcaire primaire des environs de Fresnay-sur-Sarthe et de Sablé-sur-Sarthe. La composition et la structure du tapis végétal ainsi que sa physionomie varieront donc en fonction de la nature de la roche mère calcaire. En voici quelques particularités :

 

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- les calcaires magnésiens primaires des environs de Fresnay, durs et perméables, hébergent l'un des deux principaux foyers sarthois de Carthame laineux (Carthamus lanatus), et les seules stations connues de Mélique ciliée (Melica ciliata) et de Polypode du Pays de Galles (Polypodium cambricum),

- les sables et graviers filtrants de la vallée du Rutin accueillent les dernières belles populations de Globulaire commune (Globularia bisnagarica), de Petit Pigamon (Thalictrum minus) et de Pulsatille vulgaire (Pulsatilla vulgaris),

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- les calcaires tendres et crayeux du Turonien de la vallée du Loir constituent la limite nord de plusieurs espèces comme le Grémil pourpre-bleu (Lithospermum purpurocaeruleum), la Coquesigrue (Ononis natrix) ou la Phalangère à fleur de Lys (Anthericum liliago),

 

- certaines marnes calcaires à bonne capacité de  rétention en eau supportent des cortèges originaux comme à Ségrie et Vernie, où subsistent les deux stations actuellement connues en Sarthe de l'Ophrys litigieux (Ophrys sphegodes subsp. araneola), et où transgressent des espèces nettement plus hygrophiles comme l'Inule à feuilles de saule (Inula salicina), essentiellement cantonnée dans les prairies tourbeuses du sud du département.

 

La classification de ces pelouses fait également intervenir de nombreux facteurs : activités humaines présentes et passées, influence climatique locale et stationnelle, orientation et pente des terrains, stade d'évolution, pression de pâturage par les herbivores sauvages…

Les espèces qui y sont inféodées sont adaptées à la relative sécheresse du milieu (faible transpiration foliaire, système racinaire adéquat, capacité de stockage de l'eau) et aux conditions thermophiles qui peuvent régner sur les coteaux les plus exposés. Les pelouses les plus ouvertes (tonsures résultant d'un broutage intensif par les lapins, dalles et affleurements rocheux…), souvent établies sur des sols squelettiques, accueilleront des espèces peu tolérantes vis-à-vis de la compétition végétale ; à contrario la densification du couvert végétal, à la faveur de sols généralement plus épais, ou suite à l'abandon du pâturage par exemple, favorisera les plantes à fort pouvoir colonisateur, telles que les graminées sociales, entraînant une baisse de la diversité spécifique par disparition des espèces pionnières (souvent les plus rares) et une modification des conditions micro-climatiques au niveau de la litière.

La disponibilité réduite en éléments nutritifs entraîne l'apparition d'un cortège de plantes spécialisées tolérantes au stress engendré ; la plupart d'entre elles sont vivaces, qu'il s'agisse d'hémicryptophytes (forme biologique la plus représentée), de géophytes (Orchidacées notamment) ou de chaméphytes. La faculté de croître par multiplication végétative dans ces milieux apparaît comme une avantage sélectif certain.

 

 

ò la suite

 

1. Butte de Tessé (Saint-Longis)

2. Coteau de la Redonne vers la Chevalerie (La Chapelle-Huon)

3. Affleurement rocheux (Assé-le-Boisne)

4. Ancienne carrière du plateau de Tessé (Villaines-la-Carelle)

5. Falaise des Caforts (Luché-Pringé)

 

 

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