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Fonctionnement et activités

Prospections thématiques et inventaires

Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Végétation des pelouses sablonneuses

et des landes sèches

 

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Les plantes des rochers et des murs

Les contreforts du Massif Armoricain n'occupent qu’une faible marge occidentale de la Sarthe, du canton de la Fresnaye-sur-Chédouet à celui de Sablé-sur-Sarthe. Ses reliefs (schistes, grès) recèlent une flore silicicole caractéristique des surfaces rocheuses en cours d’altération formant des pelouses rases très ouvertes (recouvrement du sol très faible). 

 

Elles sont installées sur des sols squelettiques quasi-minéraux, composés par des matériaux fins, sableux, plus ou moins fixés, et qui se sont accumulés au fond des dépressions jusqu'à former des petites plages plus ou moins inclinées. Dès la saison favorable venue, ces milieux subissent les journées ensoleillées un échauffement élevé et très rapide. C’est donc au printemps que ces groupements pionniers riches en lichens et en bryophytes possèdent leur optimum biologique ; fleuriront alors parmi quelques plantes vivaces adaptées à la sécheresse (plantes crassulescentes) comme l’Ombilic des rochers (Umbilic rupestris), l'Orpin des rochers (Sedum rupestre) et l’Orpin de Forster (Sedum forsterianum), des tapis éphémères de Jacinthes des bois (Hyacinthus non-scripta) et de Petite Oseille (Rumex acetosella). Parmi de nombreuses petites thérophytes communes, on pourra observer des espèces plus rares comme la Moenchie dressée (Moenchia erecta), la Micropyre délicate (Micropyrum tenellum), la Spergule de Morison (Spergula morisonii), le Millepertuis à feuilles linéaires (Hypericum linarifolium), la Scille d’automne (Scilla autumnalis), le Corydale à vrilles (Ceratocapnos claviculata) et le Scléranthe pérenne (Scleranthus perennis).

 

Un coup d’œil attentif dans les fissures des parois rocheuses (mais aussi sur les murettes des habitations) permettra peut-être de déceler parmi la végétation chasmophytique, soumise à des conditions édaphiques et micro-climatiques encore plus sévères (déficit hydrique accru, forte amplitude thermique), la Doradille de Billot (Asplenium obovatum subsp. lanceolatum) ou la rarissime Doradille septentrionale (Asplenium septentrionale).

 

Une flore originale bien caractéristique, essentiellement composée de mousses et de lichens, se développe au niveau des glacis pierreux (éboulis de solifluxion) constitués de blocs de grès armoricain, strictement cantonnés aux Alpes Mancelles, zone très pittoresque d'un intérêt remarquable géologique (Saint-Léonard-des-Bois).

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Les plantes des pelouses sablonneuses sèches

Ces pelouses représentent une facette originale du patrimoine floristique sarthois et couvrent de vastes étendues dans le département. Ces formations pionnières rases dominées par les thérophytes s’établissent sur des sols sablonneux secs, faiblement azotés, à tendance acide : accotements, friches, jachères, haras, prés maigres, chemins, clairières… leur conviennent. Tout remaniement du sol aboutissant à son décapage superficiel suffit à leur apparition ou à leur maintien temporaire. Elles sont adaptées à la pauvreté et à l'instabilité du substrat, très pauvre en humus et très filtrant, et sont par conséquent en grande partie desséchées en période estivale, même si l'activité biologique, très étalée dans le temps, perdure.

Toutes ne relèvent pas de la même association phytosociologique ; on remarquera surtout l'aspect que prennent chacune au printemps, lorsque s'épanouit en fort peuplement l'une ou l'autre des espèces signalées ci-dessous.

La fin de l'hiver correspond à la floraison, parfois dès la fin du mois de janvier pour les plus précoces, à des petites thérophytes comme la Drave printanière (Erophila verna) ou le Mibora naine (Mibora minima). Viennent ensuite une kyrielle d'espèces comme la Canche caryophyllée (Aira caryophyllea), la Téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis), le Trèfle strié (Trifolium striatum), le Passerage à feuilles dissemblables (Lepidium heterophyllum), la Canche précoce (Aira praecox), la Vulpie queue-de-rat (Vulpia myuros), l’Astérocarpe faux-sésame (Sesamoides purpurascens), l'Hélianthème à gouttes (Xolantha guttata), la Vulpie faux-brome (Vulpia bromoides), la Flouve aristée (Anthoxanthum aristatum), le Trèfle scabre (Trifolium scabrum), la Vesce fausse-gesse (Vicia lathyroides), la Spergulaire rouge (Spergularia rubra), le Trèfle souterrain (Trifolium subterraneum), l'Erodium à feuilles de ciguë (Erodium cicutarium), la Petite Oseille (Rumex acetosella), la Vesce jaune (Vicia lutea)…

 

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Les espèces les plus intéressantes qu’elles accueillent, parmi lesquelles on dénombre beaucoup de Légumineuses, possèdent pour la plupart des distributions géographiques à tendance atlantique à méditerranéenne comme le Lotier étroit (Lotus angustissimus), l’Ornithope penné (Ornithopus pinnatus), les Trèfles aggloméré (Trifolium glomeratum) et raide (Trifolium strictum), la Spergule à cinq étamines (Spergula pentandra), la Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus), la Gesse à graines réticulées (Lathyrus sphaericus), l’Ornithope comprimé (Ornithopus compressus) ou le Lupin réticulé (Lupinus angustifolius subsp. reticulatus).

La plupart de ces pelouses paraissent complètement grillées parfois dès le mois de mai, et pourtant quelques espèces, plus tardives, continuent de fleurir, parfois jusqu'au début de l'automne comme le Corynéphore blanchâtre (Corynephorus canescens), la Jasione des montagnes (Jasiona montana), la Cotonnière naine (Logfia minima)… Certaines vernales très fugaces entament parfois une seconde floraison, tandis que la majorité des autres commencent déjà à germer en vue de la saison prochaine.

 

ò la suite

 

1. Affleurement rocheux au-dessus du Pont-Neuf (Saint-Léonard-des-Bois)

2. Eboulis de la vallée de la Misère (Saint-Léonard-des-Bois))

3. Pelouse sablonneuse à Canche caryophyllée et Petite Oseille (Le Luart)

4, 5. Aspect différent de pelouses sablonneuses à Erodium à feuilles de Ciguë et à Petite Oseille près de Berloquet (Ecommoy)

6. Sables et graviers à Corynéphore blanchâtre vers les Pelouses (La Flèche)

 

 

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