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Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Végétation prairies humides, roselières

 

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Les prairies naturelles peuvent être définies comme des communautés végétales complexes, denses, formant une couverture basse d'espèces non ligneuses, généralement dominées par les graminées. Elles résultent, dans notre région, de la destruction de la végétation ligneuse primitive et ne demeurent que par le biais de l'action de l'homme, qu'elle soit directe (fauchage) ou indirecte (pâturage). Ainsi, tout abandon de prairie est rapidement suivi d'une reprise de la dynamique végétale et d'un retour progressif vers un stade pré-forestier, par envahissement et prolifération d'arbustes et de jeunes arbres.

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Le terme de prairie recouvre finalement une grande diversité de groupements végétaux herbacés, étroitement liés aux conditions climatiques, édaphiques et aux modalités de leur exploitation. Seules nous intéressent dans cet ouvrage les prairies semi-naturelles, c'est-à-dire, composées et colonisées de façon naturelle par des espèces autochtones, par opposition aux prairies artificielles, régulièrement renouvelées et ensemencées avec des espèces sélectionnées. Ces dernières sont le plus souvent destinées à l'agriculture intensive et se révèlent bien évidemment peu intéressantes d'un point de vue naturaliste.

 

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La prairie hygrophile ou humide comprend des groupements de hautes herbes développés sur des sols humides ou mouillés en permanence. Dans notre département, les plus remarquables et les plus intéressantes de ces prairies, aussi riches qu'originales, sont celles dites eutrophes, situées sur alluvions minérales, dans les zones naturelles d'expansion des crues.

 

Ces prairies sont fertilisées par les grandes quantités de limons et autres matériaux, véritables engrais naturels, qui se déposent au cours des inondations successives dues aux abondantes précipitations automnales et hivernales. Lors du retrait des eaux, après une stagnation plus ou moins longue, les conditions sont alors réunies pour assurer aux végétaux adaptés à l'humidité une croissance rapide. Ces formations rivulaires, étroitement liées à la dynamique fluviale présentent donc des espèces fortement spécialisées, capables de supporter des variations extrêmes allant de la crue à l'étiage. En fonction des précipitations, ces crues peuvent intervenir dès la fin de l'automne jusqu'au début du printemps et sont d'ampleur inégales ; il n'est pas rare que les prairies de plus bas niveau topographique soient encore inondées début juin. D'une haute valeur patrimoniale, elles tendent à devenir relictuelles dans notre département et constituent de véritables réserves génétiques. Pourpres d'orchidacées au printemps, avec notamment des milliers d'individus d'Orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora), on y observera parmi des espèces graminiformes courantes et dominantes telles la Laîche distique (Carex disticha) et le Jonc à fleurs aiguës (Juncus acutiflorus), le cortège des espèces caractéristiques comme le Sénéçon aquatique (Senecio aquaticus), la Guimauve officinale (Althaea officinalis), le Pigamon jaune (Thalictrum flavum), le Trèfle étalé (Trifolium patens), les Oenanthes fistuleuse ou à feuilles de Siläus (Oenanthe fistulosa et O. silaifolia) et l'Ophioglosse vulgaire (Ophioglossum vulgatum).

 

De par leur nature, elles font l'objet d'une exploitation extensive et sont par conséquent peu fauchées ou pâturées. Le cas le plus fréquent est une fenaison intervenant dès la fin du mois de juin suivie par un pacage (les animaux consomment alors le regain), tant que le terrain ne devient pas impraticable. La gestion idéale, d'un point de vue écologique (c'est-à-dire permettant une diversité maximale aussi bien pour la faune que pour la flore), demeure le fauchage tardif, tel qu'il se pratiquait autrefois. 

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Peu mécanisé, il s'étendait sur plusieurs semaines et laissait aux espèces le temps d'accomplir leur cycle de reproduction (la fenaison s’effectuait alors en quatre étapes : le fauchage, le fanage, le râtelage puis le bottelage). Le cycle biologique des espèces, la richesse du milieu et le calendrier des activités agricoles dépendent donc étroitement du régime du cours d'eau et du rythme des inondations. Une autre catégorie de prairie humide retiendra l'attention : la prairie hygrophile à grandes phorbes (mégaphorbiaie). Située au niveau des berges alluviales ou sur des terrains marécageux, elle atteint un développement maximal dans les parcelles irrégulièrement exploitées. Elle est dominée par des espèces de grande taille, robustes, dépassant parfois deux mètres de hauteur, telles que la Reine des prés (Filipendula ulmaria), l'Epilobe hirsute (Epilobium hirsutum), l'Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum) et la Salicaire (Lythrum salicaria), et qui lui donnent une physionomie particulière. De nombreuses espèces nitrophiles s'y épanouissent.

 

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La prairie mésophile à méso-hygrophile, c'est à dire moyennement humide, est généralement située sur des sols présentant une bonne capacité de rétention en eau (argiles, limons, marnes, craies) ou bénéficiant d'une configuration topographique telle qu'elle jouit d'un apport hydrique suffisant. Relativement engorgée en hiver par les eaux de pluies ou de ruissellement, elle est par contre desséchée en été par abaissement de la nappe d'eau sous-jacente ou par simple déficit hydrique, ce qui entraîne une sélection négative des espèces les plus hygrophiles qui ne peuvent s'y développer ou s'y maintenir. 

La flore y est dominée par des graminées sociales très communes dénommées avoine, flouve, vulpin, phléole, houlque… On la rencontre notamment dans les grandes vallées alluviales où elle succède aux prairies hygrophiles lorsque l'on s'éloigne du cours d'eau ou que le niveau topographique remonte ; elle les supplante petit à petit lorsque le drainage, associé à un niveau du cours d'eau anormalement bas, induit leur assèchement progressif. Elle fait souvent l'objet d'une exploitation intensive faisant intervenir la fauche de plus en plus précoce dans nos contrées, parfois début mai, en fonction de l'état d'avancement de la végétation, le (sur)pâturage et l'apport régulier d'engrais et d'amendements. Les pratiques intensives actuelles sont responsables de la disparition des espèces les plus fragiles et sont à l'origine d'une baisse de la diversité.

Les différentes prairies humides peuvent se rencontrer également dans les fonds marécageux de certaines petites vallées où se développer aux abords des étangs. Elles assurent la transition avec d'autre types de milieu visés dans cet ouvrage (tourbière, forêt alluviale, lande humide). A leur contact peuvent s'épanouir d'autres groupements à grandes herbes qui auraient pu faire l'objet d'un chapitre à part entière : les roselières et les cariçaies, formations charnières entre les milieux aquatiques et terrestres.

 

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La roselière est une formation quasi-monospécifique dominée par une espèce hélophyte, sociale, vivace, de grande taille, graminiforme, munie de puissants rhizomes à forte multiplication végétative et formant un peuplement très dense. Elle se rencontre çà et là, sur des sols minéraux ou para-tourbeux, aux abords des cours d'eau, dans les endroits les plus calmes comme les fossés et les biefs, dans les dépressions marécageuses de certaines prairies et surtout à proximité des étangs où elle participe activement au processus d'atterrissement.

 

ò la suite

 

1. Prairie humide vers les Champs - Bazouges-sur-le-Loir

2. Prairies humides vers la Sigeonnière - Bazouges-sur-le-Loir

3. Prairies humides inondées près de Connerré en décembre 2000 - Beillé

4. Prairie humide à Cirse tubéreux au Pré d'Amont - Vaas

5. Prairie humide à Pigamon jaune près de Baugé - Connerré

6. Roselière et étang près de la N23 à Saint-Mars-la-Brière

 

 

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