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Prospections thématiques et inventaires

Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Chouette chevêche

 

Sédentaire, la Chouette chevêche est un rapace de petite taille : 21 cm. Nocturne, elle est parfois visible de jour, surtout durant le mois de juin, époque où la nourriture des jeunes nécessite un temps de chasse accru. Dans notre région, la Chevêche est un oiseau caractéristique du bocage, et plus particulièrement des vieux vergers, ce qui lui a valu le surnom de "chouette des pommiers". C’est dans la cavité naturelle d’un vieil arbre, pommier, jadis orme, ou châtaignier, qu’elle élève sa nichée. 

La femelle y dépose 2 à 5 œufs ronds et blancs, à même le fond de la cavité sans aucun aménagement. Les jeunes sont nourris de gros insectes, de petits rongeurs, mais aussi de lombrics capturés sur les prairies voisines. Des familles s’installent parfois dans un pigeonnier, telle cette ponte observée dans une boîte à pigeon désaffectée à Dissé-sous-le-Lude. A l’âge de 4 semaines environ, les jeunes prennent leur envol vers la fin juin comme ces 3 juvéniles observés le 27 juin 1990 à Vion s’entraînant à battre les ailes sur le bord de la cavité (LAPOUS E. ). Autrefois bien représentée en Sarthe, la Chouette chevêche subit un déclin vertigineux au cours des années 1960-1970, à la suite de la destruction du bocage et plus spécialement des vergers de pommiers. Dans ce contexte de quasi-disparition des cavités indispensables pour le repos diurne et la reproduction, l’installation de plusieurs milliers de poteaux téléphoniques creux et non obturés, qui constituent autant de pièges mortels pour les oiseaux cavernicoles, explique la raréfaction de l’espèce en Sarthe.

  La carte de répartition de l’enquête 1985-1989 souligne les ruptures dans les peuplements, malgré le travail de recherche efficace des observateurs, qui, sur 5 ans, ont pu mettre en évidence des îlots de populations tel celui du bassin du Roule-Crottes sur les communes de Parigné-l’Evêque, Changé, Ruaudin et le Mans. Ces îlots correspondent au maintien de secteurs sauvegardés avec persistance du bocage et utilisation de poteaux téléphoniques bien obturés ou en bois. 

Ailleurs comme à Tassé, des couples isolés ne sont plus, qu’avec quelques souches miraculeusement conservées, les témoins d’un paysage rural en pleine mutation. Mais pour combien de temps encore ? L’avenir de cette espèce en voie de disparition reste incertain en Sarthe.