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Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Courlis cendré

 

Avec 50cm du bec à la queue, le Courlis cendré est l’un des oiseaux nicheurs les plus grands du département. Tout comme pour le Coucou ou le Loriot, c’est le chant "courli" qui a valu le nom à l’oiseau. Dès février ou début mars, les couples reviennent occuper leur territoire soit en Sarthe les prairies naturelles de fauche des fonds de vallée. Là, le sol humide propose quantité de vers et lombrics qui sont proches de la surface et plus facilement accessibles au grand bec courbe des adultes.  

La nichée du Courlis cendré se déroule à terre : le nid, caché dans les hautes herbes, accueille 4 œufs pondus à partir de la fin avril ou courant mai. Ils sont couvés alternativement par les deux adultes. Les poussins sont volants courant juin, parfois à la fin du mois seulement, voire plus tard comme à Beillé en 1987. Ils sont alors très vulnérables lors des fenaisons. Dès la fin de la reproduction, les familles quittent la Sarthe pour les marais et vasières des côtes maritimes. 

Nichant sur moins de 2% de la superficie du département : haute vallée de la Sarthe et vallée de l’Huisne, le Courlis cendré est longtemps passé inaperçu des ornithologues sarthois, notamment de 1976 à 1984. 

La population ornaise de Basse Normandie, en contact direct avec la nôtre sur la rive droite de la Sarthe se serait installée vers 1955-1959 (SPITZ F. 1959). Avec une dizaine de couples recensés en 1984 sur la vallée de l’Huisne (PAINEAU G.), le Courlis cendré est une espèce rare dans le département de la Sarthe. Si le classement du Courlis cendré comme espèce protégée est souhaitable, il apparaît clairement que l’avenir de l’espèce, en déclin depuis 1980, dépend pour une grande part de la protection de son habitat : prairies naturelles, marais, tourbières…(DUBOIS P.J. & MAHEO R. 1986).

Espèce chassable menacée d’une disparition imminente en Sarthe à cause de la faiblesse des effectifs et des modifications du milieu de reproduction (drainages, remembrements).

MISE A JOUR 1999 : le Courlis cendré, durant la décennie 1990, a vu ses populations se maintenir en Sarthe, mais à un niveau faible et fragile : autour de 15 couples (10 sur la vallée de l’Huisne plus quelques autres sur la haute vallée de la Sarthe, en amont de la ville d’Alençon). Précisons  que l’indice de la vallée de la Sarthe situé en amont de la Vègre et collecté durant la période 1985-1989 s’est révélée sans suite, tandis que, durant les années 1995-1996, des couples ont été découverts en période et milieu favorables en val de Braye et val d’Orne saosnoise : des stations à confirmer aujourd’hui (Bull. GSO n°25).

Cette stabilité des effectifs enregistrée chez une espèce nichant au sol au sein des prairies inondables fait figure d’exception, toutes les autres, Pipit farlouse mis à part, ayant poursuivi un déclin inquiétant au cours de ces 10 dernières années. Le Courlis cendré doit, très certainement, son maintien à un meilleur équilibre entre cycle de reproduction et calendrier agricole, celui enregistré chez les autres nicheurs terrestres du domaine prairial étant moins favorable. Mais il est vrai que le Courlis arrive tôt, en février, sur ses sites de nidification. Des mesures de protection sont indispensables si l’on veut conserver ce nicheur rare dans le département.