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Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Locustelle luscinoïde

 

Cette stridulation plus forte et plus longue que celle d’un insecte, est émise par la Locustelle luscinioïde cachée dans l’épaisse roselière. Avec un peu de patience, vous apercevrez l’oiseau au plumage assez uni de couleur fauve qui n’hésite pas à se montrer dans le haut de quelque phragmite pour délimiter son territoire. Migratrice, la Locustelle luscinioïde arrive en Sarthe en avril et au début du mois de mai, pour s’installer au sein de quelques roselières importantes du département, tels ces 2 sujets : 

1 chanteur noté le 23.04.1984 dans la prée de Vaas et 1 autre observé le 02.05.1980 dans la roselière de l’étang de Gué-Chaussée à Saosnes. Nous ne connaissons que fort peu de chose de son comportement en Sarthe, tant sa vie est cachée. Le cri des jeunes au nid serait utile pour prouver la nidification d’une espèce hôte caractéristique d’un milieu où on ne peut pénétrer sans risque  de destruction durant la période des nids.

La présence de cette Locustelle reste liée à l’existence de zones humides : queues d’étangs ou prairies alluviales marécageuses, couvertes d’une épaisse végétation de phragmites séchés sur pied. Aussi, la Locustelle luscinioïde, oiseau insectivore très spécialisé, est rare dans notre département et ses populations extrêmement localisées avec seulement 3 sites recensés au cours de l’enquête 1985-1989 : étangs de Saint-Mars-la-Brière, bords du Loir à Vaas, et marais près de Savigné-sous-le-Lude. 

Quelques sites supplémentaires peuvent avoir été oubliés tels ceux de Loudon et de Saosnes où l’espèce a déjà été observée durant ces 20 dernières années. La Locustelle luscinioïde était inconnue des ornithologues régionaux du siècle dernier. Il reste difficile de prouver si la présence de cet oiseau en Sarthe est passée inaperçue ou si l’espèce a fait l’objet d’une extension récente comme il est signalé dans de nombreux ouvrages. La découverte de l’espèce au nord de la Loire date du XXème siècle : Bretagne 1940 (MONNAT J.-Y. 1980), Anjou 1970 (YEATMAN L. 1976), et les premières observations sarthoises s’inscrivent probablement dans un cycle de progression peut-être induit à l’origine par l’augmentation des populations de l’Europe de l’est (STRASTNY K. et CUISIN M. 1989). L’avenir de cette espèce rare en Sarthe reste lié à la protection des zones humides qui repose actuellement sur la volonté de quelques propriétaires privés.