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Fonctionnement et activités

Prospections thématiques et inventaires

Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Pie-grièche écorcheur

 

Migratrice, la Pie-grièche écorcheur passe la saison hivernale en Afrique. Elle revient en Sarthe dans le courant du mois du mai pour s’installer sur les zones de polycultures et les fonds de vallées bocagères riches en gros insectes. L’oiseau chasse ses proies - insectes coléoptères et orthoptères - à l’affût, posté sur un perchoir bien dégagé, et a pour habitude de se constituer des réserves de nourriture qu’il empale sur des épines : ainsi ce "lardoir" observé sur un rameau de pyracanthas en juillet 1983 à Saint-Saturnin qui présente un aile d’oisillon, un "criquet"  et un grain de cassis ! (HUSSON M.-M. 1984).

La Pie-grièche écorcheur installe son nid, ordinairement, à l’intérieur d’un gros buisson d’épineux (roncier, prunellier, aubépine, etc.) à 1 ou 2 mètres de hauteur : tel ce nid découvert à Yvré-l’Evêque le 16.06.1980 dans un églantier. La femelle y pond 4 œufs entre le 18 et le 27 juin (CARTIGNIES J.-M. 1981). Une diminution spectaculaire des effectifs de la Pie-grièche écorcheur a été enregistrée depuis le début du siècle comme pour les autres espèces de la même famille. 

Ainsi, Elie Cottereau qualifie l’espèce en 1919 de "assez commune" sur l’arrondissement de Saint-Calais. 70 ans plus tard, une seule observation sera réalisée en 5 ans sur ce secteur. Un témoignage plus récent des années 1960 fait état de 3 couples présents sur une ferme de 70 hectares de la commune du Lude et aujourd’hui disparus.

Actuellement, la population sarthoise de la Pie-grièche écorcheur n’excède pas une vingtaine de couples. L’enquête 1985-1989 révèle la présence de l’espèce sur la partie sud du département essentiellement. Ailleurs, quelques couples isolés sont notés comme à Yvré-l’Evêque ou à Roullée. C’est la déprise agricole qui a, semble-t’il, favorisé l’observation de nichées plus au nord (Saint-Saturnin 1983, Yvré-l’Evêque 1989) à l’occasion du développement de friches buissonnantes, ou le maintien d’un bocage arboré assez dense comme pour la haute vallée de la Sarthe.