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Oiseau
migrateur, légèrement plus petit que la Poule d’eau, le Râle de genêts
revient de son hivernage effectué en Afrique de l’est et du sud, dans la
deuxième quinzaine d’avril pour repartir en septembre. Il s’installe dans les grandes prairies naturelles de fauche
inondables
qui subsistent çà et là dans les vallées des grandes rivières. Le nom latin de l’espèce "Crex
Crex" est une imitation de chant de l’oiseau. Le nom français affublé
d’un milieu que l’espèce ne fréquente pas, est peu approprié. |

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Seul le
chant permet de localiser le Râle de genêts. Celui-ci ne s’écarte
jamais de la protection du couvert végétal pendant la reproduction. L’oiseau
reste invisible : son passage dans les graminées ne laisse point de
sillage et le repérage par le chant est quasi impossible à cause de son
intensité variable. Les moments les plus propices pour l’entendre sont le
petit jour et les périodes ensoleillées au début d’une saison qui s’étale
de la troisième décade d’avril à la fin juin. La nichée du Râle de genêts est installée à terre et dissimulée
dans les hautes herbes. L’observation exceptionnelle d’un nid avec 4 œufs
dans une prairie à Lombron le 24 mai 1954, où l’espèce a aujourd’hui
disparu, et celle d’un jeune juste volant effectuée le 7 juillet 1983 à
Changé en Mayenne (HELSENS B. 1991) illustrent un cycle de reproduction entièrement
tributaire de la fenaison. |
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En Sarthe comme dans de nombreux autres départements, la mécanisation
de l’agriculture, après 1945, a entraîné un déclin important des
populations nicheuses par la destruction de nombreuses couvées installées au
sol. Les fenaisons plus précoces et plus rapides réduisent dans d’énormes
proportions le succès des reproductions qui n’ont plus le temps de se réaliser
avant la fauche. |
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En 1985,
l’espèce est encore présente sur quelques communes de la vallée du Loir :
Château-du-Loir, Vaas, Saint-Germain d’Arcé, Aubigné-Racan, et de la vallée
de l’Huisne, en amont de Montfort-le-Gesnois : Connerré, Beillé,
Sceaux-sur-Huisne, Villaines-la-Gonais, Boëssé-le-Sec, la Ferté-Bernard,
Avezé. Une étude effectuée la même année montre que le Râle de genêts est
devenu une espèce rare à l’échelle nationale avec moins de 2500 chanteurs
recensés (BROYER J. 1985). Avec des populations relictuelles de 20 couples environ, le Râle de genêts
est en voie de disparition dans la
Sarthe. Aujourd’hui, l’espèce est menacée dans ses derniers retranchements
suite aux drainages effectués dans les vallées, qui s’accompagnent souvent
d’une conversion des prairies naturelles en cultures (maïs). Des mesures de
protection, telles que la création de réserves naturelles, sont pleinement
justifiées pour cette espèce indicatrice d’un milieu écologique de valeur.
MISE A JOUR
1999 : le
Râle de genêts, durant toute la décennie 1990, n’a pu être recontacté sur
les prairies de la vallée de l’Huisne, les dernières observations en cet
endroit datant de mai 1989 (Bull. GSO n°23). La forte éventualité d’une
disparition de cette population doit donc être envisagée. Pour la vallée du
Loir, la pérennité de l’espèce semble aujourd’hui assurée sur un site
unique : une station suivie par le CPNS, et qui démontre l’efficacité
des fauches tardives. En juillet 1998, le CPNS dénombrait dans cette seule
station sarthoise la présence de 6 sujets.
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