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Aperçu des milieux naturels du département

Mise à jour : 03.2005


Râle de genêts

 

Oiseau migrateur, légèrement plus petit que la Poule d’eau, le Râle de genêts revient de son hivernage effectué en Afrique de l’est et du sud, dans la deuxième quinzaine d’avril pour repartir en septembre. Il s’installe dans les grandes prairies naturelles de fauche inondables qui subsistent çà et là dans les vallées des grandes rivières. Le nom latin de l’espèce "Crex Crex" est une imitation de chant de l’oiseau. Le nom français affublé d’un milieu que l’espèce ne fréquente pas, est peu approprié. 

Seul le chant permet de localiser le Râle de genêts. Celui-ci ne s’écarte jamais de la protection du couvert végétal pendant la reproduction. L’oiseau reste invisible : son passage dans les graminées ne laisse point de sillage et le repérage par le chant est quasi impossible à cause de son intensité variable. Les moments les plus propices pour l’entendre sont le petit jour et les périodes ensoleillées au début d’une saison qui s’étale de la troisième décade d’avril à la fin juin. La nichée du Râle de genêts est installée à terre et dissimulée dans les hautes herbes. L’observation exceptionnelle d’un nid avec 4 œufs dans une prairie à Lombron le 24 mai 1954, où l’espèce a aujourd’hui disparu, et celle d’un jeune juste volant effectuée le 7 juillet 1983 à Changé en Mayenne (HELSENS B. 1991) illustrent un cycle de reproduction entièrement tributaire de la fenaison.

En Sarthe comme dans de nombreux autres départements, la mécanisation de l’agriculture, après 1945, a entraîné un déclin important des populations nicheuses par la destruction de nombreuses couvées installées au sol. Les fenaisons plus précoces et plus rapides réduisent dans d’énormes proportions le succès des reproductions qui n’ont plus le temps de se réaliser avant la fauche.

En 1985, l’espèce est encore présente sur quelques communes de la vallée du Loir : Château-du-Loir, Vaas, Saint-Germain d’Arcé, Aubigné-Racan, et de la vallée de l’Huisne, en amont de Montfort-le-Gesnois : Connerré, Beillé, Sceaux-sur-Huisne, Villaines-la-Gonais, Boëssé-le-Sec, la Ferté-Bernard, Avezé. Une étude effectuée la même année montre que le Râle de genêts est devenu une espèce rare à l’échelle nationale avec moins de 2500 chanteurs recensés (BROYER J. 1985). Avec des populations relictuelles de 20 couples environ, le Râle de genêts est en voie de disparition  dans la Sarthe. Aujourd’hui, l’espèce est menacée dans ses derniers retranchements suite aux drainages effectués dans les vallées, qui s’accompagnent souvent d’une conversion des prairies naturelles en cultures (maïs). Des mesures de protection, telles que la création de réserves naturelles, sont pleinement justifiées pour cette espèce indicatrice d’un milieu écologique de valeur.

MISE A JOUR 1999 : le Râle de genêts, durant toute la décennie 1990, n’a pu être recontacté sur les prairies de la vallée de l’Huisne, les dernières observations en cet endroit datant de mai 1989 (Bull. GSO n°23). La forte éventualité d’une disparition de cette population doit donc être envisagée. Pour la vallée du Loir, la pérennité de l’espèce semble aujourd’hui assurée sur un site unique : une station suivie par le CPNS, et qui démontre l’efficacité des fauches tardives. En juillet 1998, le CPNS dénombrait dans cette seule station sarthoise la présence de 6 sujets.